Poêle canadien

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Poêle canadien

Le poêle canadien, encore dénommé poêle à air chaud ou « Free Flow » est un générateur de chaleur équipé d’un échangeur à air. Imaginé et breveté en 1970, à l’usage des forestiers du Grand Nord, il est conçu pour répondre aux températures extrêmes dans des habitations quelquefois sommaires.

Intégrant les techniques de combustion les plus modernes, sa présentation rustique et son orientation fonctionnelle ne limitent en rien les performances thermiques. Zoom sur le poêle canadien.

Poêle canadien : look au style industriel marqué

La forme particulière du poêle canadien laisse le plus souvent sa carcasse de tuyaux bien apparente. Chaque extrémité de l’échangeur s'écarte du corps de chauffe. Souvent, les débords inférieurs servent de pieds.

Cette présentation est consécutive à son mode de fabrication unique :

  • Le poêle canadien d’origine est constitué d’éléments en tubes d’acier, cintrés comme ceux d’un corps de chasse, de façon à former un cercle complet. Leurs extrémités, ouvertes, sont diamétralement opposées et droites sur quelques centimètres.
  • Ces éléments sont juxtaposés en quinconce et soudés entre-eux.
  • Sur chaque bout du corps de chauffe cylindrique ainsi constitué, un bouchon vaguement parabolique est lui aussi, soudé.
  • L’un de ces bouchons, percé de la porte d’enfournement des bûches, devient la face avant, l’autre, percé du conduit d’évacuation des fumées, la face arrière.

Bon à savoir : le nombre d’éléments tubulaires définit la longueur maximale utile pour les bûches et permet de faire varier, à volonté, la puissance calorifique du poêle.

 

Poêle : échangeur thermodynamique à géométrie variable

Les poêles traditionnels émettent 75 % de chaleur par radiation, pour seulement 25 % par convection. Dans sa version de base, le poêle canadien inverse ces paramètres, plus des 3/4 des calories sont émis par convection thermodynamique.

L’air chaud transite par les extrémités ouvertes des tubulures, disposées verticalement :

  • réchauffé par le foyer, l’air contenu dans les tubes perd de la densité et s’élève ;
  • il s’échappe, par l’orifice haut, faisant office de bouche d’extraction ;
  • simultanément, il est remplacé par de l’air plus frais aspiré par l’orifice inférieur, faisant office de bouche d’aspiration.

Le processus de convection est lancé, il ne s’arrêtera qu’avec le refroidissement du corps de chauffe ! Plus le feu est vif, plus le courant d’air circulant dans les canaux de convection est rapide et chaud. Plus il y a de tuyaux de convection, plus la puissance calorifique est importante.

À noter : cette convection naturelle ne nécessite aucune assistance électrique. Chaque tube fonctionne de façon autonome, rien n’interdit donc, de capter son flux d’air chaud pour le distribuer à volonté dans des pièces différentes.

Postcombustion de série du poêle canadien

Le principe de la postcombustion ou double combustion, consiste à réunir les conditions indispensables, pour brûler à très haute température, les gaz imbrûlés dans le foyer primaire.

Pour ce faire, les poêles canadiens sont, en général, équipés d’une chambre de combustion secondaire (ou chambre de catalyse) située au-dessus du foyer primaire.

Bon à savoir : ce dispositif augmente de 15 à 20 %, le rendement sur PCI du poêle, génère des économies de combustible et réduit, de façon drastique, les rejets polluants dans l’atmosphère.

Poêle canadien : poêle multifonctionnel

Le brevet protégeant l’invention du poêle canadien est tombé dans le domaine public au milieu des années 1980. Depuis, bon nombre de marques (dont 2 européennes), fabriquent ce type de poêle, en lui apportant des fonctionnalités particulières.

Ébauche d’inertie par la fonte

La conductibilité de l’acier confère au poêle canadien ses capacités d’élévation rapide de la température. C’est appréciable pour les pièces chauffées de façon sporadique. Certains constructeurs remplacent l’acier par de la fonte.

Ce matériau, bien adapté au feu, est plus sensible aux chocs thermiques provoqués par des variations rapides de température qui peuvent le fendre. Par contre, il emmagasine la chaleur, la restituant plus longtemps et de façon plus douce. Il est donc mieux adapté aux usages réguliers et de longue durée.

Poêle canadien : accumulation pour un chauffage hybride

Certains fabricants n’hésitent pourtant pas à recouvrir l’échangeur d’une épaisse couche de céramique réfractaire, à grande capacité d’accumulation.

Ainsi revêtu, il cumule les 2 principes d’émissions calorifiques, tout en modérant les inconvénients de chacun :

  • Radiation : pour une restitution douce de la chaleur stockée, jusqu'à 12 heures, après extinction de la flamme. Toutefois la montée en température est trois fois plus rapide qu’un poêle de masse traditionnel.
  • Convection : atténué par un gradient de température plus faible (la céramique capte et stocke une partie de la chaleur.

Au final, ce poêle canadien hybride émet à 50 % par radiation et à 50 % par convection. Sa chaleur, plus douce, est plus agréable.

À noter : il est adapté au chauffage des locaux dont l’occupation est permanente, sur de longues périodes.

Production d’eau chaude sanitaire sans électricité

Avec les nouvelles réglementations thermiques, les poêles à bois deviennent plus souvent le mode de chauffage principal. Dans ces conditions, le poêle canadien équipé d’un serpentin connectable à un ballon d’accumulation peut fournir l'ECS avec efficacité.

Bon à savoir : pour de bons résultats, il est impératif que le régime de fonctionnement du poêle soit soutenu pendant au moins 6 à 8 heures par jour.

Certains modèles intègrent une plaque de cuisson. Ce dispositif est particulièrement adapté aux cuissons douces (mijotage, bain-marie) et ne consomme pas d’énergie supplémentaire.

Prix élevé du poêle : modéré par les aides et incitations financières

Le prix d’un poêle canadien est compris entre 1 000 et 3 000 € TTC, hors installation, suivant la puissance, les équipements optionnels ou la marque.

Voici un tableau récapitulatif des principales aides et incitations financières pour l’acquisition d’un poêle à bois.

Aides

Conditions de ressources

Montant

Observations

Prime « Coup de Pouce Chauffage »

Sans

Selon situation

Plafonné

En remplacement d'un équipement de chauffage au charbon

À demander avant achat

Entreprise RGE obligatoire

Ce dispositif est valable pour les travaux engagés au plus tard le 31 décembre 2025 et achevés au plus tard le 31 décembre 2026.

MaPrimeRénov' Oui Montant forfaitaire de 1 000 € à 2 500 € selon le poêle et les ressources du ménage

Pour les propriétaires faisant effectuer par un professionnel RGE des travaux sur un logement occupé à titre de résidence principale.

MaPrimeRénov' s'adresse aux :

  • propriétaires occupants ;
  • propriétaires bailleurs ;
  • syndicats de copropriétaires  (MaPrimeRenov' Copropriétés) ;
  • usufruitiers ;
  • titulaires d'un droit d'usage et d'occupation ;
  • preneurs d'un bail emphytéotique ou d'un bail à construction ;
  • propriétaires en indivision (l'ensemble des propriétaires indivisaires doivent avoir signé une attestation sur l'honneur désignant le demandeur pour porter les travaux au nom de l'indivision).

Le montant de la prime est fixé par un arrêté du 29 décembre 2022 pour chaque équipement ou prestation éligible, selon l'efficacité énergétique et la chaleur renouvelable produite.

À noter : estimation sur Maprimerenov.gouv.fr.

Éco-Prêt à Taux Zéro (PTZ)

Oui

Selon situation

Durée entre 3 et 15 ans

Entreprise RGE obligatoire 

Taux TVA réduit (5,5 %)

Sans

5,5 %

Limité aux travaux éligibles à MaPrimeRénov'

Aides de l’ANAH (Agence nationale de l'habitat)

Oui

Selon projet

Montant des travaux plafonné

Aides locales (communes, départements, régions)

Variable

Variable

Renseignements en mairie

Prêt avance rénovation

(article L. 315-2 du Code de la consommation)

Variable variable

prêt hypothécaire et garanti par l'État, 

remboursable in fine lors de la vente du bien,

proposé par certains établissements financiers 

À noter : RGE = Reconnu Garant de l’Environnement est un label ou une qualification décerné aux entreprises ou artisans de certaines branches du bâtiment (liée, dans ce cas aux performances énergétiques). Depuis le 1er janvier 2021, à titre expérimental jusqu'au 31 décembre 2023, des artisans « non-RGE » peuvent également faire bénéficier leurs clients des aides publiques, s’ils obtiennent au cas par cas (chantier par chantier) une « qualification-chantier » (arrêté du 24 décembre 2020). 

Pour aller plus loin :

Ces pros peuvent vous aider