Vous vous interrogez sur l’utilisation des appareils de chauffage d’appoint, sans conduit d’évacuation, fonctionnant au pétrole ? Mais combien ça coûte ? Est-ce sans risque pour la santé et la sécurité ? Quant au combustible, comment s’y retrouver entre le pétrole lampant, le pétrole désaromatisé, le clam ?
Le pétrole lampant doit être désaromatisé !
Comme son nom l’indique, le pétrole lampant est destiné aux lampes à pétrole. Pour pouvoir être utilisé dans un poêle à pétrole, le combustible doit présenter un taux d’aromatiques bien plus faible. On parle alors de pétrole désaromatisé, le nom correct étant le « combustible liquide pour appareil de chauffage mobile » (clam).
La confusion entre pétrole lampant et combustible pour appareil de chauffage mobile n’est pas anodine. En effet, les aromatiques contenus dans le pétrole lampant (souvent plus de 5 %) sont polluants, voire cancérigènes. Et comme les poêles à pétrole sont rarement raccordés à un conduit de fumée, ces gaz toxiques sont émis dans la pièce où se situe le poêle !
Le seuil légal de teneur en aromatiques contenu dans un combustible pour appareil de chauffage mobile (clam) est de 1% maximum, comme spécifié dans le décret n° 92-1280 du 10 décembre 1992. Ce taux peut descendre jusqu’à moins de 0,002 % ; à ce stade l’odeur dégagée à la combustion est très réduite. De plus, le risque d’incendie augmente aussi avec le taux d’aromatiques. Malheureusement, moins le combustible contiendra d’aromatiques, plus il sera cher.
Un combustible qui coûte plus cher que le chauffage électrique
Le pétrole désaromatisé coûte entre 18 et 35 € pour 20 litres (prix 2016). Ce prix dépend en particulier de la toxicité du produit : en-dessous de 25 € les 20 litres, le taux d’aromatiques est trop élevé. Il faut donc compter au moins 1,25 €/litre.
Or le contenu énergétique, c’est-à-dire l’énergie maximale fournie, de ce type de combustible est d’environ 10 kWh par litre. Le rendement de ces appareils est élevé (proche de 100 %) quand il est bien entretenu, car toute l’énergie de combustion reste dans la pièce, y compris celle des fumées. Mais la vapeur d’eau (1,4 litre d’eau par kg de combustible) et l’ensemble des gaz de combustion restent eux aussi dans la pièce !
Donc si on ne veut pas avoir des problèmes d’humidité voire pire, des soucis de santé liés aux gaz de combustion, il faut sur-ventiler la pièce, ce qui engendre des consommations de chauffage supplémentaires, loin d’être négligeables ! On peut estimer cette sur-consommation à 30 à 60 % de plus pour chauffer tout cet air neuf nécessaire.
En résumé, on peut estimer le prix du kWh à au moins 0,17 €/kWh (1,25 €/litre, soit 0,125 €/kWh, qui avec 35 % de sur-consommation font 0,17 €/kWh) ; c’est-à-dire plus cher que l’électricité et, bien entendu, largement plus cher que le gaz de ville (0,07 €/kWh), le granulé de bois en sac (0,07 €/kWh) ou le bois bûche (0,04 à 0,07 €/kWh en fonction des régions).
Le fait d’acheter ponctuellement les bidons de pétrole en faisant les courses peut vous donner l’impression d’économies souvent trompeuses. Mais ces petites sommes additionnées ne s’avèrent pas vraiment économiques (voir ci-dessus).
Sécurité - santé
La commission de sécurité des consommateurs a publié un avis mettant en garde contre les risques d’incendie et ceux de dégagement de gaz toxiques, du fait de l’absence de conduit de fumée pour évacuer les gaz de combustion.
Il est notamment dit : « Des tests sur des appareils parfaitement réglés ont montré que, pour que les valeurs limites de concentration de CO ne soient pas dépassées, le renouvellement d’air minimum dans le local, suivant le type et la puissance de l’appareil, varie entre 2 et 3 volumes par heure (c’est-à-dire que l’air du local doit être complètement renouvelé 2 à 3 fois en une heure). »
Or, ce taux de renouvellement n’est pas prévu dans les pièces d’habitation.
Il faut donc réserver ce mode de chauffage à des lieux spacieux et très bien ventilés et sous réserve que la durée d’utilisation soit faible.
De plus, comme tout système de chauffage à combustion, l’appareil doit être vérifié et nettoyé au moins une fois par an.
Les symptômes qui peuvent apparaître si cela n’est pas respecté sont les maux de tête, la fatigue, l’inappétence, les vertiges, les insomnies.